Entretien avec Didier BERKATI




"Construire le judo de demain…"

La saison 2017 vient de se terminer pour la section « JUDO » de l’A.C.S. Peugeot-Citroën Mulhouse. L’occasion pour son président, Didier BERKATI, de tirer un rapide bilan, et de livrer ses ambitions et perspectives pour 2018. Entretien…

  1. L’année 2017 a, une fois de plus, livré de belles réussites au niveau sportif, tant sur le plan national qu’à l’international. Quelles sont tes principales satisfactions ?
Ma plus grande satisfaction provient de nos très bons résultats sportifs : notre équipe junior féminine termine 3ème aux France et se maintient sur le podium pour la 3ème année de suite, trois podiums ont été réalisés aux France juniors « individuels (1ère,2ème et 3ème place), un titre et une place de 3ème en sénior individuel, une équipe senior féminine en première division, un titre de champion d’Europe et du Monde vétérans. Nous avons donc des athlètes qui performent, mais ce n’est pas mon unique motif de contentement.

Notre vraie réussite est le bon état d’esprit du club. Nous sommes aujourd’hui capables d’apporter aux athlètes qui veulent aller plus loin ce dont ils ont besoin : une structure, des entraineurs, des moyens financiers et un suivi individualisé. Mais avant toute chose, nous avons la chance d’avoir des athlètes qui s’apprécient et qui vivent ensemble leur passion, qui transpirent et partagent leur goût à l’effort, qui savent perdre et se réinterroger sur leur pratique, qui se laissent guider en écoutant leur entraineur. Et c’est finalement cela qui finit payer ! Alors s’il y a un enseignement à tirer de tout cela, c’est que nous savons travailler dur, ensemble, pour un même objectif ! Nos bénévoles, travailleurs de l’ombre que je salue et qui sont toujours présents au service des jeunes et du judo, les entraineurs, les athlètes, mais aussi tous les partenaires qui croient en nous : la Ville de Mulhouse, l’usine Peugeot Mulhouse, le département et la Région Grand Est. Et dans ce cas, il s’agit bien d’une réussite collective !
  1. Fait peu commun, la section parvient à mener jeunes, mais aussi moins jeunes, essentiellement issus du cercle local, au plus haut-niveau. Comment expliquer pareille dynamique dans toutes les catégories d’âge ?
Nos résultats ne sont pas le fruit du hasard. Ils émanent d’une volonté mise en place depuis plus de trois ans. Nous pensons en effet que les jeunes sont l’avenir, et que les séniors sont présents pour montrer la voie à suivre. C’est exactement ce qui s’est passé ces dernières années. Un gros travail éducatif a été effectué auprès des jeunes du club, et notamment sur leurs capacités à performer au plus haut niveau. Combien de fois Vincent CARABETTA, directeur technique et entraineur au club, leur répète qu’ils ne sont pas moins forts que les Franciliens ! Ça a été un « cap » à franchir avec nos jeunes Mulhousiens, car il y avait encore cette espèce de suprématie parisienne, qui aujourd’hui a volé en éclat avec les podiums nationaux de nos jeunes minimes, cadets, ou encore juniors. Vincent est une personne engagée, qui donne beaucoup au judo, et qui sait transmettre une certaine dynamique, et une belle volonté d’aller de l’avant !
  1. Beaucoup considèrent encore la section judo de l’A.C.S. Peugeot-Citroën Mulhouse comme une véritable « machine » de compétition. Pourtant, avec quelques 220 enfants licenciés, le club s’inscrit avant tout dans une démarche purement éducative. Quelle est-elle ?
Certains pourraient avoir à l’esprit que « machine de compétition » est péjoratif, mais pour ma part, je n’ai rien contre ! Nous avons trois objectifs : 1. Offrir un espace de formation et de découverte à tous les jeunes mulhousiens. 2. Proposer un cadre et un suivi pour les athlètes de haut niveau. 3. Promouvoir l’image du judo. Pour les atteindre, nous sommes exigeants. Et si en trois ans, nous sommes passés de 220 à plus de 300 licenciés en 2018, c’est parce nous nous occupons de tous les jeunes : les compétiteurs et les autres ! C’est d’ailleurs aussi pour cette raison que nous proposons chaque semaine de l’année des cours de soutien scolaire pour des jeunes judokas en difficulté, avec un réserviste de l’Education Nationale. De même, nous avons créé un cours de fitness pour ceux qui souhaitent faire une activité complémentaire au judo. Cette diversité est désormais notre ouverture d’esprit. Sur le plan sportif, nous ouvrons un cours compétiteur à tout le monde, chaque samedi de 18h15 à 20h, avec Vincent CARABETTA. D’ailleurs, je lance un appel à tous ceux qui souhaiteraient, en ces temps difficiles, mutualiser leurs compétences : nous sommes prêts à partager nos entraineurs, nos structures et monter des projets avec les autres clubs pour des athlètes, afin de donner un maximum de chances à celles et ceux qui souhaitent aller plus loin et réussir en judo.
  1. La promotion du judo fait également partie du projet du club. Entre autres, le 1er tournoi par équipes (mini-poussin(e)s, poussin(e)s, benjamin(e)s et minimes), organisé au Complexe Sportif de la Doller, a été une franche réussite. Sera-t-il reconduit en 2018 ?
Notre tournoi sera effectivement reconduit ! La première édition en 2017 nous a prouvé que nous étions capables de mobiliser près de 80 personnes pour organiser pareil évènement. Et nous avons su le faire en « déposant » des étoiles dans les yeux des plus petits : ils avaient l’impression d’être considérés comme de grands compétiteurs dans la chambre d’appel ou sur le podium. Des moments magiques pour eux… nous sommes aussi là pour cela ! Si nombre de parents nous ont félicité pour la qualité de l’organisation, je remercie à nouveau tous les bénévoles du club pour leur excellent travail dans le cadre de cette belle manifestation !
  1. Quelles sont les perspectives pour l’année à venir, mais aussi tes ambitions pour le club ?
Je pense souvent à un adage : quand on est jeune, on est invincible ! Pour notre réussite sportive, c’est un peu pareil. Je pourrai fanfaronner en vous expliquant que nos résultats seront toujours meilleurs et que l’on peut s’attendre à encore mieux à l’avenir… Peut-être, oui ! Peut-être aussi qu’effectivement nous avons une projection sur Tokyo en 2020 ! Mais cela ne concerne qu’une athlète et n’est certainement pas la problématique de tous les clubs ! Ce qui m’intéresse aujourd’hui, car les temps sont durs pour le monde associatif, et je crains fort que nous soyons malmenés dans un proche avenir, ce serait de trouver ensemble un nouveau schéma de fonctionnement pour nos clubs.

La réussite ne fonctionne durablement qu’en unissant nos forces, et en partageant nos ressources. Aussi, il me tarde vraiment de pouvoir travailler avec les autres clubs du département, comme le font d’autres « alliances » dans des régions voisines… et qui du coup, se portent bien mieux ! Et sans aucune hésitation, j’invite tous les clubs volontaires, ou même ayant des problématiques d’entraineurs, de structures, de gestion, à se joindre à notre projet, afin de construire, ensemble, le judo de demain…